Protection du Consommateur Ses droits sont totalement bafoués :Maillon faible dans notre société, il est lésé sur toute la ligne
Il suffit d'effleurer le sujet pour savoir à quel point les Marocains se sentent frustrés, voire enragés, quand il s'agit de la protection du consommateur. "Nous ne sommes pas du tout, mais vraiment pas du tout protégés", insiste la quasi-totalité des personnes interrogées.
Les témoignages sont clairs, nets et sans équivoque.
Les histoires de mésaventures qui fusent de toutes parts, sont aussi différentes que vraisemblables. Intoxications alimentaires, tuyauterie défaillante après l'achat d'un logement, erreur médicale lors d'une césarienne ou dos d'âne installés n'importe comment sur les routes et apportant un sérieux coup à nos véhicules et à nos bourses… bref, ce ne sont pas les exemples qui manquent.
Certaines cas sont édifiants à plus d'un titre : tout le monde se rappelle la risible affaire de l'intoxication des dirigeants du club casablancais Raja à la veille d'un important match de football après avoir mangé des sandwichs de chez un snack très connu dans la ville.
On se souvient également, mais cette fois avec beaucoup de rage, de la sordide histoire de l'infirmière qui a causé la mort d'un nouveau-né à coup d'ongle sur le crâne au moment de sa venue au monde.
Ou encore celle du petit Achraf Diouane, paralysé suite à sa vaccination contre l'hépatite B.
Si, heureusement, cinq années après le drame, un jugement en première instance a condamné le laboratoire fabricant du vaccin à verser 3 millions de DH à la famille d'Achraf (ce qui était une première au Maroc), plusieurs autres drames passent sous silence. "J'ai mangé une pizza aux fruits de mer dans un snack, suite à quoi j'ai failli mourir. Je n'ai pas entamé d'action en justice faute de preuves", raconte Hakim, frustré.
"Le faux plafond de ma salle de bain s'est effondré trois mois après mon installation dans mon nouvel appartement. Le promoteur a toujours refusé d'effectuer les réparations nécessaires", ajoute Hanae, la rage au ventre.
Selon l'Association marocaine de protection et d'orientation du consommateur (Ampoc), en matière de textes, le Maroc dispose d'un arsenal qui pourrait prétendre à une sérieuse protection.
Malheureusement, la diversité des intervenants pour leur application ne facilite pas la tâche. La situation s'est également aggravée par les départs volontaires et le manque de moyens enregistrés par certaines administrations de contrôle.
Les commissions de veille sanitaire n'ont pas les ressources pour opérer efficacement sur le terrain et leurs tournées sont souvent "réduites à des mises en scène dérangeantes pour les commerçants", souligne Bouâzza Kherrati, pr Selon lui, les administrations concernées doivent revoir la formulation des contrôles en s'inspirant de certains pays qui nous ont devancés dans le domaine. "On ne va pas créer la roue. Nos textes sont pour la plupart des adaptations de ceux de certains pays, faisons alors comme eux et assumons notre responsabilité", martèle-t-il.
En effet, le grand problème pour une victime et qui l'empêche dans la plupart du temps de porter plainte ou entamer une action en justice, sauf dans les cas extrêmes, c'est d'abord l'ignorance des organismes qui s'occupent de la protection des consommateurs, voire n'importe quel interlocuteur en cas d'incident.
Aussi, le manque de confiance en ces instances pousse les victimes à abandonner trop vite. Ainsi, rares sont les histoires qui relatent le gain de cause par des consommateurs victimes d'une intoxication ou d'une erreur médicale.
Pire encore, au Maroc, même les plus grands torts causés aux consommateurs sont souvent ignorés par les autorités compétentes ou traités par le plus grand des laxismes et des laisser-aller.
A titre d'exemple, les abattoirs de Casablanca où la viande est traitée dans des conditions pour le moins chaotique, ou encore la multiplication sur nos routes des dos d'âne d'une manière anarchique et en dépit des droits des usagers de la route et de la protection du consommateur.
Si, au Maroc, la protection du consommateur est défaillante même pour les cas directs et évidents, voire mortels (intoxication ou erreur médicale), parler donc des cas moins apparents et moins palpables (traçabilité des produits, déclaration de leurs vices cachés, publicité mensongère) relève du délire ou du surréalisme, sauf quand la concurrence est touchée, et pas le consommateur, comme il se le doit.
En effet, au Maroc, les seules publicités qui ont été interdites l'ont été parce qu'elles portaient atteinte à la concurrence.
Bien évidemment, nul n'ignore les avantages d'une bonne protection du consommateur ni les conséquences désastreuses d'une mauvaise protection. Les enjeux sont également énormes. Il est temps de réagir.
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Un peu d'histoire
La protection du consommateur est effleurée pour la première fois lors du Traité de Rome de 1957. On y trouve deux mentions qui concernent l'agriculture et la concurrence. Puis en 1962, le président des Etats-Unis John Fitzgerald Kennedy a été la première personnalité politique qui a menée une réflexion sur la protection des consommateurs.
Celle-ci a conduit à l'établissement d'un certain nombre de droits: protection de la santé et de la sécurité, Protection des intérêts ésident de l'Ampoc économiques, droits de réparation, à l'information et à l'éducation, et de représentation. Depuis, le 15 mars est proclamé journée mondiale des droits des consommateurs. Ensuite, en 1993, le traité de Maastricht a consacré un titre explicite à la protection du consommateur dans son article 129-a.
Ces droits sont encore plus explicitement définis dans le Traité d'Amsterdam (1999).
De son côté, le Maroc est signataire de la convention internationale de l'Onu sur la protection du consommateur.
Les droits du consommateur marocain peuvent donc être résumés comme suit : d'exprimer librement son opinion, celui inaliénable au respect de sa vie privée, à la liberté de marché et à la liberté de choix, aux avantages offerts par la concurrence, à la vérité, à des produits sains et non nocifs pour la santé, à un environnement sain, à être représenté, à l'information et à l'indemnisation.
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Les productions saisonnières
Les aliments que nous trouvons sur les étals des marchés et les rayons des magasins ont une histoire. Ils ont parcouru tout un circuit de production et de transformation avant d'être mis en vente.
Chercher à mieux connaître cette histoire et en tenir compte lors des choix que nous faisons permet d'adopter des choix plus éthiques, à l'égard de l'environnement, des travailleurs qui sont intervenus dans la chaîne de production mais aussi par rapport à notre santé et celle de nos proches.
En l'absence d'information sur l'origine de la plupart des produits que nous trouvons dans les magasins, connaître cette histoire n'est pas chose facile.
Néanmoins, quelques pistes peuvent être suivies :
- Réapprenons le rythme des productions saisonnières.
- Privilégions les fruits et légumes locaux issus de l'horticulture biologique ou intégrée, ils ont été obtenus par des méthodes de production plus respectueuses de l'environnement et contiennent moins de résidus de pesticides.
- Informons-nous sur l'origine des produits que nous achetons et découvrons les mille et une facettes de la production agroalimentaire locale.
Lorsque nous achetons un produit exotique, les labels du commerce équitable identifient des produits provenant de circuits où les conditions de travail sont correctes et les rémunérations équitables.
La plupart des produits frais exotiques (fruits et légumes, viande, poisson, crustacés) ont été transportés par avion, autant le savoir et décider en connaissance de cause. Nous pouvons contribuer à un environnement de meilleure qualité en réduisant les distances que nous faisons parcourir aux aliments en achetant chez les commerçants de nos quartiers