Avec
la conquête des espaces pour la grande distribution, il se développe en
corollaire le foisonnement des fast food franchisés. Le consommateur
marocain prend goût et se trouve ainsi dans les filets des proposés aux
maladies modernes dont l’obésité. L’AMPOC vous informe sur les décisions
prises par l’Union Européenne pour défendre ses citoyens (lire
l’article..). Quand est il au Maroc ? Peut on laisser notre pays succomber
dans les tourments de cette industrie ? Non et tirons les leçons de
l’Europe et protégeons nos enfants avant qu’il ne soit trop tard.
Obésité
: l'Europe s'adresse aux industriels de l'agroalimentaire

La
Commission européenne a adopté un livre blanc énonçant tout un éventail de
propositions sur la manière dont l'Union peut aborder les problèmes de
santé liés à la nutrition, à la surcharge pondérale et à l'obésité. Ce
document souligne l'importance de permettre au consommateur de choisir en
pleine connaissance de cause et d'avoir accès à une alimentation saine.
Pour
lutter contre l'obésité, la Commission n'hésite pas à s'adresser
directement à l'industrie alimentaire lui demande de travailler à une
reformulation des recettes visant, entre autres, une réduction des teneurs
en sel et en graisses. Il conviendrait aussi de mieux souligner les vertus
de l'exercice et d'encourager les Européens à se dépenser davantage. La
nécessité d'une action communautaire dans ces deux domaines s'explique par
le fait qu'une mauvaise alimentation et une activité physique trop réduite
réunissent six des sept grands facteurs de morbidité en Europe
Les
cas de surcharge pondérale et d'obésité se sont multipliés très
sensiblement au cours des deux dernières décennies. Dans la majorité des
États membres, plus de la moitié des adultes souffrent de surcharge
pondérale ou d'obésité ; qui plus est, on estime à 21.748.312 millions le
nombre de petits Européens souffrant, eux aussi, de surcharge pondérale,
un nombre qui augmente d'ailleurs de 400 000 unités chaque année
Le
commissaire européen à la santé, M. Markos Kyprianou, a déclaré : « Face à
la montée de l'obésité, le régime alimentaire et l'activité physique sont
désormais deux questions de santé absolument prioritaires pour l'Union
européenne. Nous devons agir pour éviter que les enfants trop gros
d'aujourd'hui soient les cardiaques de demain. Certes, les consommateurs
ont le droit de manger ce que bon leur semble, mais ils doivent pouvoir
opérer des choix sains et en pleine connaissance de cause. Voilà pourquoi
la Commission se penche à nouveau sur la question de l'étiquetage des
denrées alimentaires et invite les industriels du secteur concerné à faire
un usage réfléchi de la publicité et à réduire la teneur en sel, en
graisses et en sucre de leurs produits. »
Des
partenariats consolidés
Le
livre blanc préconise la constitution, à l'échelle de l'Union, de
partenariats plus orientés sur l'action qui associeraient, notamment, le
secteur privé et des organisations vouées à la santé et à la défense des
consommateurs et qui s'appuieraient sur des mécanismes existants, telle la
Plate-forme d'action européenne « Alimentation, activité physique et
santé». Il s'agit d'inciter les parties prenantes des quatre coins de
l'Union à créer ensemble des forums nationaux et locaux. Le livre blanc
vise un renforcement des liens entre les États membres, l'Organisation
mondiale de la santé et d'autres grandes parties prenantes.
Pour
garantir un soutien politique de la part des plus hautes sphères et une
coopération intersectorielle à l'échelon national, le livre blanc propose
la création d'un groupe de haut niveau qui s'occuperait exclusivement des
questions de santé liées à la nutrition, la surcharge pondérale et
l'obésité et qui se composerait d'un représentant par État membre.
La
Commission demande aussi au secteur privé de l'ensemble de l'Union d'agir
de manière plus énergique dans un certain nombre de domaines, parmi
lesquels: l'élaboration, à l'échelle de l'Union, de codes de conduite
publicitaires plus rigoureux qui s'inspireraient des codes de l'Alliance
européenne pour l'éthique en publicité et qui prendraient en compte les
résultats de la Table ronde sur l'autorégulation dans le secteur de la
publicité organisée en 2006 par la Commission, la reformulation des
aliments par l'industrie alimentaire et le secteur de la grande
distribution, et la conception par des organisations sportives de
campagnes de publicité et de commercialisation mettant en valeur
l'activité physique et visant plus spécialement certains groupes de
population, dont les enfants.
Intervention de la Commission
Le
livre blanc fait le point sur la panoplie des politiques communautaires
qui peuvent être mises au service de ces objectifs, telles que les
politiques relatives à la santé et à l'alimentation, les aspects de la
politique régionale touchant aux fonds structurels, les politiques des
transports, de la ville et des sports et les programmes de recherche. La
Commission propose en outre une révision de l'étiquetage des produits
alimentaires, le lancement de programmes destinés à promouvoir la
consommation de fruits et de légumes, la publication d'un livre blanc sur
le sport et une étude sur les perspectives qu'offre une reformulation des
aliments eu égard à des régimes améliorés.
La
Commission fera le point sur les progrès accomplis par tous les
protagonistes dans un premier rapport qui sera publié en 2010 et elle
collaborera avec l'OMS en vue d'améliorer le suivi des actions liées à la
nutrition et à l'activité physique et de l'évolution de la santé dans
l'Union européenne. Le livre blanc s'accompagne d'une analyse des
incidences.
Conséquences pour la santé
Selon
l'OMS, le nombre de cas d'obésité a plus que triplé dans de nombreux pays
européens depuis les années quatre-vingt. Les chiffres disponibles donnent
à penser qu'en 1999 les gens consommaient chaque jour trois cents calories
de plus qu'en 1970 et qu'un pourcentage accru de l'énergie consommée
provenait de graisses. Au chapitre de l'activité physique, des études
montrent qu'un Européen sur trois ne pratique aucune activité physique
pendant ses loisirs et que l'Européen moyen est assis plus de cinq heures
par jour.
L'obésité infantile est particulièrement préoccupante. Trois millions
d'écoliers européens souffriraient d'obésité et 85 000 enfants seraient
touchés à leur tour chaque année. Les jeunes présentant un excès de poids
tendent à le conserver pendant l'âge adulte et sont plus susceptibles de
devenir obèses.
L'obésité est un facteur de déclenchement de nombreuses maladies graves,
dont les pathologies cardiaques, le diabète gras, l'hypertension, les
accidents ischémiques et certaines formes de cancer. Une mauvaise
alimentation et le manque d'exercice figurent parmi les principales causes
de décès évitables en Europe et l'on estime que les affections liées à
l'obésité absorbent jusqu'à 7 % du total des dépenses de santé de l'Union
européenne.