Médias et protection du consommateur
POUR défendre les consommateurs, les associations ne recourent que rarement aux moyens judiciaires dont les textes actuels ne sont pas en leur faveur, mais utilisent les outils modernes de communication telles les actions de proximité. D’autres moyens peuvent être empruntés tels que la contre-publicité ou l’appel au boycott. On entend par contre-publicité, la publicité critique et informative sur un produit ou un service par une autre personne que le producteur ou le distributeur. Elle constitue véritablement un contre-pouvoir à la publicité de ces derniers. Mais ses propres excès doivent être combattus par les ONG, le gouvernement et les journalistes. Le droit de critique de la qualité des produits ou des services proposés n’est véritablement reconnu que depuis l’émergence du mouvement consumériste national. En réalité, le droit à l’information des consommateurs demandé par les Nations unies, n’est qu’une application particulière du droit de critique. Celui-ci étant profondément reconnu par les journalistes, qui constituent eux aussi un pouvoir en faveur des consommateurs.
Le droit de critique des journalistes ne repose sur la recherche d’aucun intérêt personnel. Ces professionnels jouent un rôle d’informateurs du public et d’appui sur des ONG de défense des consommateurs. Les deux se trouvent intimement impliqués dans l’application du droit à l’information. Cette mission d’information ne peut être utilement remplie que si le journaliste dispose d’une certaine marge de manœuvre.
Depuis quelques années, les articles inhérents à la consommation rencontrent un succès croissant dans les journaux. Reste qu’il faut mettre en place des garde-fous réglementaires. Aussi, la future loi de protection du consommateur doit-elle instaurer des procédures et imposer une totale indépendance des secteurs de la production et de la distribution. Les produits incriminés devraient être achetés de manière anonyme, et les essais portés sur un échantillonnage suffisamment représentatif et reproductible. De même que les producteurs aient connaissance des résultats et des informations avant toute publication afin qu’ils puissent faire valoir leurs observations.
Dr Bouazza KHERRATI Président de l’AMPOC
kherbouaz@yahoo