Viandes rouges

La fièvre de Aïd-El-Adha est tombée. Le consommateur, repu de viande ovine, revient vers son boucher. Ce dernier est censé lui livrer une viande saine et de bonne qualité. A ce niveau, la responsabilité de la salubrité et de la qualité des viandes débitées sont garanties par l’Etat. Cette garantie n’incombe en aucun cas au boucher, s’il respecte les règles minima de l’hygiène et de conservation. La garantie de la salubrité et de la qualité est certifiée par le cachet d’estampillage apposé sur les viandes par les services compétents. Cette certification dénote que la viande exposée à la vente a été préparée, manipulée, contrôlée et transportée dans des conditions répondant aux normes de l’hygiène requises à ce type d’activité. Toutefois, hormis les abattoirs de Casablanca, Rabat et Tanger, les viandes vendues à l’échelle nationale sont préparées dans des locaux jugés insalubres par notre association.

En effet, la norme marocaine 080000 qui impose l’application des règles de l’hygiène alimentaire est loin d’être prise en considération dans ces établissements. L’état des lieux des abattoirs concernés exige une intervention urgente du ministère de tutelle. Car c’est la santé publique qui est mise en jeu. Le cas des infestations par la leptospirose en est un exemple. Pour rappel, dès 1986 la tentative de rénovation des abattoirs nationaux en viande rouge a été entamée par le ministère chargé du contrôle. Depuis, aucune suite n’a été donnée. Et le schéma directeur national qui devrait orienter ces initiatives a été relégué aux calendes grecques. La situation des abattoirs des viandes rouges au Maroc constitue un grand problème. Elle porte directement préjudice à l’éthique des services sanitaires de contrôle. Elle peut également engendrer de sérieux problèmes sanitaires au citoyen et un manque à gagner très important en plus-value sur la transformation des produits carnés. La solution est simple, il faut faire appel à la rétrocession de ce secteur aux investisseurs privés. Les résultats obtenus pour les abattoirs avicoles sont encourageants. Et il est paradoxal, à l’heure où la concession des services communaux aux privés a donné de bons résultats, que le secteur des abattoirs de viandes rouges semble être exclu. On ne le répétera jamais assez, la santé du consommateur n’a pas de prix.

Dr vét Bouazza KHERRATI        Président de l’AMPOC
kherbouaz@yahoo.fr