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Evolution de la consommation et impact sur notre environnement
Au Maroc, la part de l’alimentation est ainsi passée de 31,35 % à 16,38 % du budget familial, toutes catégories sociales confondues. Avec l’élévation générale du niveau de vie, les ménages ont dépassé le stade de la survie, même dans les bidons villes ou on commence à consommer à crédit. N’en déplaise aux pessimistes, le pouvoir d’achat des salariés n’a cessé d’augmenter depuis les années soixante pour se stabiliser au début de ce siècle. Ce qui n’empêche pas la persistance de fortes disparités entre groupes sociaux. Le panier des pauvres reste plus lourd en pain, pâtes alimentaires, pommes de terre et légumes secs. Et comprend plus de graisses et de sucre. Conséquence : l’apparition d’une surreprésentation des obèses parmi les plus pauvres et plus particulièrement chez les femmes. Les générations antérieures ont tellement craint d’avoir faim que la peur de manquer de nourriture reste prégnante chez les plus démunis. Mais la consommation ne se réduit pas aux comportements d’achats. Elle révèle aussi un désir lancinant de distinction sociale. Certains sociologues ont mis en lumière ce processus de différenciation et de domination entre classes sociales. Ils montrent notamment comment un goût que l’on croit personnel relève en réalité d’un effet d’appartenance sociale. Entre autres exemples, les consommateurs issus d’un milieu populaire préfèrent acheter leurs denrées alimentaires dans la souika du coin de la rue que dans un grand magasin. Tandis que les plus fortunés en pincent pour les grandes surfaces. Affaire de goût donc et de disposition sociale. Ces évolutions ont entraîné un accroissement considérable des pressions exercées sur l’environnement. En se mettant à table, qui pense au long circuit qu’ont suivi les aliments qui se trouvent dans notre assiette et aux impacts environnementaux que cela représente Les circuits de production et de distribution des denrées alimentaires se sont allongés et intensifiés. Au temps de nos grands-parents, on achetait essentiellement des aliments produits localement, en complément de ceux qu’on produisait dans son jardin où que l’on se procurait directement chez le producteur. Aujourd’hui, toutes sortes d’aliments exotiques, tels que l’ananas et le steak argentin sont devenus des choix banaux et quotidiens dans les grandes surfaces. Pour que toutes ces denrées nous soient proposées dans les rayons des magasins, il a fallu développer un système de distribution extrêmement rapide et coordonné, impliquant différents modes de transport. Le consommateur qui souhaite faire des choix alimentaires doit pouvoir disposer d’informations utiles et fiables pour faire des choix en ce sens. Nous venons de voir combien le transport, c’est-à-dire les distances parcourues et les modes de transport utilisés influencent le bilan environnemental d’un aliment. Ces éléments devraient faire partie de l’information fournie aux consommateurs, via l’étiquetage. Or, mis à part quelques exceptions, ces informations ne sont pas fournies et sont difficilement accessibles, analphabétisme oblige. La réglementation générale sur l’étiquetage des denrées préemballées ne prévoit pas la mention de l’origine - alors que le consommateur peut se tromper quant à l’origine des produits - ni à fortiori la mention de la quantité de transport que "contient" l’aliment, ni des modes de transport empruntés. Le pays d’origine d’un produit est souvent difficile à identifier. Le code barres ne renseigne pas non plus sur l’origine d’un produit. Le code barres est propre au distributeur du produit et non pas au pays d’origine. L’adresse que l’on retrouve sur l’étiquette est également plutôt liée au distributeur et non au pays d’origine. Dès lors, il est difficile pour les consommateurs de tenir compte du facteur transport dans ses choix alimentaires Pour vérifier la situation sur le terrain, nous avons visité deux grands magasins en vue de repérer l’origine de quelques produits. Première constatation : l’offre est composée d’une grande quantité de produits transformés (chocolat, biscuits, confitures, boulangerie, boissons...). La plupart de ces produits contiennent plusieurs ingrédients, éventuellement d’origine différente. Aucune information n’est donnée sur l’origine des ingrédients. Il est également difficile de savoir où le produit a été transformé, car l’adresse mentionnée sur l’étiquette est le plus souvent celle du siège social du producteur ou du distributeur et non celle de l’unité de production. Pour les produits transformés constitués d’un ingrédient, la situation n’est pas plus claire. Le pays d’origine est mentionné dans quelques cas limités (ex. riz basmati des Indes). Par contre pour tous les autres produits, il n’est pas possible de savoir d’où ils viennent. La situation est différente en ce qui concerne les produits frais. Pour les fruits et légumes frais, les étiquettes sont froidement absentes. C’est aussi le cas pour le poisson frais et la viande. Seuls les produits laitiers font l’exception à cette jungle d’étiquetage. Recommandations aux consommateurs Les aliments que nous trouvons sur les étals des marchés et les rayons des magasins ont une histoire : ils ont parcouru tout un circuit de production et de transformation avant d’être mis en vente. Chercher à mieux connaître cette histoire et en tenir compte lors des choix que nous faisons permet d’adopter des choix plus éthiques, à l’égard de l’environnement, des travailleurs qui sont intervenus dans la chaîne de production mais aussi par apport à notre santé et celle de nos proches. En l’absence d’information sur l’origine de la plupart des produits que nous trouvons dans les magasins, connaître cette histoire n’est pas chose facile. Néanmoins quelques pistes peuvent être suivies.
AMPOC
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