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Le développement durable est il un leurre pour les ong écologistes ? Dr Vét. Kherrati Bouazza Président de l’AMPOC Depuis que les ONG de défense de l’environnement ont commencé à sensibiliser les populations des conséquences néfastes d’une croissance aveugle, les lobbies industriels ont mené, en parallèle, une politique défensive pour continuer l’exploitation des richesses naturelles sans possibilité d’entraves. Le conflit entre les deux protagonistes, a eu tendance à verser vers le droit des défenseurs de la nature jusqu’au jour, où une formule magique fut trouvée et approuvée par la majorité des Robin de bois verts et les ogres industriels. La trouvaille c’était l’éco-développement ou développement durable. C’est un nouveau dogme que plusieurs pays ont adopté et ont en fait l’axe pilier de leur politique de développement et de défense de l’environnement. En effet, un développement est durable si les générations futures héritent d’un environnement d’une qualité au moins égale à celui qu’ont reçu les générations précédentes. Or la logique actuelle de développement dont l’essentiel repose sur le marché est elle compatible avec la durabilité ? Donc, en fait, aucun économiste ou futurologue ou scientifique ne peut prétendre répondre positivement à cette question. Ainsi, l’AMPOC soumet à l’assistance le débat sur la question. Car nous considérons que le dogme de développement durable est un leurre pour le mouvement écologique. En effet, c’est un compromis entre les industriels et les écologistes pour camoufler la défaite de ces derniers. Ainsi et malgré tous les discours sur les besoins vitaux et de la lutte contre la pauvreté, le nombre de personnes qui vivent dans le dénuement le plus extrême continue de progresser. L’exode rural est le critère qui cristallise la progression de la misère rurale qui génère les métiers ambulants citadins. Ces derniers envahissent nos rues et nos marchés et participent à la dégradation de nos villes. Comment peut on parler de développement durable quand plus de 56% des marocains jettent leurs ordures domestiques dans la nature ? Sachant bien que le défi de la propreté a changé de nature : il n’est plus politique, mais technique. De grâce messieurs les présidents des collectivités locales : une ville propre et bien entretenue est une ville riche. Comment parler de développement durable qu’on se préparer à jeter les déchets nucléaires dans un site potentiellement touristique ? Comment peut on parler de développement durable alors que notre arsenal juridique n’est point garni en décrets et textes d’application des lois promulguées ? Tant de questions parmi tant d’autres qui incitent à la réflexion sur la véracité des discours et leur application sur le terrain. Comment peut on imaginer la conception d’une ville sans étudier à l’avance les solutions aux déchets qu’elle génère. Notre association, avait soumis par voix de presse au gouvernement, l’équipement des nouvelles villes en réseau de collecte des eaux de pluies. Cet élément stocké servirait à l’irrigation des espaces verts : économie de l’eau oblige. En fait le développement durable est utilisé par le monde des affaires comme synonyme de croissance, devenu un slogan international pour les grandes firmes et y a provoqué le détournement des écologistes de leur mission. De ce fait, nous réitérons à la responsabilité de l’état que nous jugeons dans les conditions actuelles, irremplaçable dans la préservation de la nature. En effet, seul l’état peut procéder à l’élaboration de programmes qu’il céderait aux ong par contrat. Ces derniers concentreront leurs efforts sur la sensibilisation afin d’arriver à une prise de conscience des citoyens et des instances officielles réticentes. En fin de compte la question de l’environnement ne dépendra plus uniquement des instances officielles ou de la société civile, mais elle sera l’apanage des ménages et des individus.
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