Le ministère de l’Education
nationale a procédé au changement des manuels scolaires au niveau de
l’enseignement primaire et collégial. Ce changement s’opère de façon
progressive. Il vise essentiellement à diversifier les manuels d’une même
discipline et d’un même niveau scolaire, mettant ainsi fin à l’hégémonie du
livre unique qui a prévalu pendant près d’un siècle. Les critères
d’homologation des nouveaux manuels s’appuient en premier lieu sur la notion
de qualité. Tout cela est fort louable, certes. Mais n’est-on pas en droit de
s’interroger sur la pertinence d’un tel choix, et surtout sur les différentes
mesures d’accompagnement prises pour réaliser ces objectifs?
Dans un souci purement quantitatif s’attachant à respecter les échéances, les
manuels n’ont été soumis à aucune expérimentation. Ce sont donc les élèves qui
serviront de cobayes. D’un autre côté, et toujours pour des impératifs de
délais, les manuels ont été imprimés sans grandes précautions. C’est donc aux
enseignants d’en déceler les erreurs, coquilles et autres imperfections. Par
ailleurs, les délégations principales du département de l’Education nationale
ont été sommées de répartir les manuels parus au titre de cette année scolaire
durant le mois d’août, alors que certains manuels étaient encore sous presse!
Belle performance pédagogique, messieurs les décideurs.
Hayat BOUCHIRA