Entretien avec Mediamarketing

 

Le magazine Mediamarketing a fait un entretien avec Dr Kherrati président de l'AMPOC (Association Marocaine de protection et d'orientation du consommateur sur un dossier concernant la comparaison des commissions des banques. L'entretien est réalisé par Chifaa Nassir Journaliste.

Question 1 : Nombreux sont les consommateurs qui estiment que les banques gagnent trop facilement en facturant leurs services à des clients. Qu’en pensez-vous ?

Le problème ne réside pas sur l’aisance du gain, mais sur la transparence des prix du service rendu. En effet, le consommateur se trouve le plus souvent dans l’obligation de paiement  et parfois même, effectué à son insu. Il  ne peut que déduire de pareilles remarques. Pour rappel, il y a environs 200 opérations payantes au niveau du système bancaire marocain : du simple envoi de courrier (3dh) aux frais de dossier de prêt (1500dh à 2000 dh et peut être plus). Alors, imaginez le nombre de client et faites le compte pour confirmer ce que pensent les consommateurs, car rares sont ceux qui connaissent les frais de service. Nous pouvons alors déduire que les banques nationales ne respectent pas le droit du consommateur à l’information.

2 : Tenue de compte, virement de fonds, demande d’historique, opposition pour utilisation de carte bancaire… Les frais des services bancaires connaissent depuis quelques années des hausses successives. Les banques commerciales ont engrangé des recettes de 4 milliards de dirhams de commissions. Quelle lecture faites-vous de cette donnée ?

Votre question renforce ma première réponse et nous pouvons en tant qu’organisation non gouvernementale, déclarer qu’actuellement, en matière de banques et dans certaines situations, le consommateur  est considéré comme une vraie vache à traire, mais attention, son lait va certainement tarir si les corrections nécessaires ne sont pas entreprises d’urgence. L’indicateur principal de cette tendance est l’augmentation de la thésaurisation. Cette dernière nuit au développement du pays. Et, le recourt aux crédits « hallal » n’est pas l’unique solution. En outre, le terme « hallal » n’est pas à sa place. En effet, il porte atteinte aux autres services bancaires qui, insidieusement, reconnaît leur illégitimité juridique.  

Question 3 : Le secteur bancaire souffre-t-il d’un manque de concurrence, du moins au niveau des tarifs bancaires qui sont pourtant libres ?

L’ignorance du consommateur des règles tarifaires des banques  engendre cette image d’absence de concurrence qui n’est par ailleurs effective qu’à un certains niveau de transactions financière. Pour les autres cas, la concurrence est gérée par leur lobby qui s’appelle le Groupement des Banques marocaines .Car, les institutions bancaires s’entendent entre elles  et certainement pas pour l’intérêt du consommateur.

Question 4 : Est-ce à dire que le client n’est pas encore trop regardant sur les tarifs avant d’opter
pour une banque plutôt qu’une autre ?

Parmi les droits du consommateur, le droit à l’information est occulté par nos banquiers. Les informations sont tues et complètement gardées entre les mains des directeurs d’agences. Le consommateur, dans ces conditions est arnaqué. Au Maroc, en matière de tarif,  les banques s’équivalent et présentent les mêmes produits .gérés  par la banque du Maroc (limite  les plafonds pour toutes les banques).

 Question 5: Cette tendance à la hausse des frais des services bancaires devrait connaître un répit avec l’engagement des banques dans le cadre de l’INDH à procéder à la gratuité d’un certain nombre de services bancaires de base et à appliquer une tarification modérée à d’autres opérations. Voilà un plusieurs mois que la mesure reste classée dans les rangs des intentions. Que fait l’association des consommateurs dans ce sens ?

Il y a pas mal de temps que les tarifs n’ont pas bougé et dans cette activité nous ne faisons malheureusement rien.

Question 6: Selon de nombreux banquiers, les Marocains sont réputés être assez fidèles à leur
premier établissement et même à leur agence. Comment expliquez-vous cela ?

Nonobstant des relations  du consommateur avec le personnel de la banque. Sa fidélité est tributaire de la crainte de tomber dans les mailles de filets de nouveaux pêcheurs.


Question 7 : Selon vous quelles sont les raisons qui peuvent pousser une personne à vouloir changer de
banque ?

La mauvaise qualité du service Le manque d’écoute Une réponse défavorable en cas de besoins pressants

Le non paiement d’un cheque où il manque uniquement quelques dirhams.

Les erreurs d’écriture.

Le manque d’informations

La lenteur des opérations


Question 8 : Les banques ont développé ces dernières années des politiques marketing très agressives.
Comment analysez-vous tout cela ?

 Dites qu’ils ont changé de langage mais pas de principes