MARTINE PEREZ.
Publié le 15 septembre 2007
Actualisé le 15 septembre 2007 : 21h35

Daniau/AFP

Une étude démontre que le virus peut survivre cent vingt heures sur un
billet.
CHAQUE jour, des milliards de billets changent de mains, partout dans le
monde, apportant une certaine satisfaction (au moins pour ceux qui les
reçoivent). L'étude du laboratoire de virologie des hôpitaux
universitaires de Genève, présentée lors d'un congrès en juin dernier à
Toronto et publiée bientôt dans un journal spécialisé, révèle qu'il faut
pourtant savoir se méfier des billets de banque, qui en période de
pandémie grippale pourraient diffuser l'épidémie, puisqu'ils sont capables
de receler le virus jusqu'à 120 heures après avoir été contaminés.
Pour
mesurer la durée de survie d'un virus de la grippe sur un billet de
banque, les auteurs de l'étude n'ont pas hésité à sacrifier quelques
coupure de 50 francs suisses, gracieusement offerts par la Banque
nationale suisse. Ils ont ainsi déposé, sur des fragments de billets,
plusieurs concentrations de différents types de virus de la grippe
conservés en laboratoire (H3N2, H1N1...). Ils n'ont pas testé, du fait de
sa dangerosité et sa difficulté de manipulation, le virus H5N1,
responsable de la grippe aviaire, qui sévit tout particulièrement en Asie
du Sud-Est. Mais rien n'empêche d'extrapoler les résultats obtenus à cette
souche virale mortelle dans 50 % des cas pour l'homme.
Meilleure conservation en présence de mucus
Les
chercheurs ont maintenu ces fragments de billets de banque à température
constante (22 degrés) et au même niveau d'humidité. Ils les ont ensuite, à
des temps différents après la contamination, mis en culture pour
rechercher ou non la présence de virus.
Les
résultats montrent que plus la concentration virale est importante, plus
la survie du virus est longue. Ainsi, à faible concentration, le virus
H1N1 ne survit pas plus de deux heures sur le billet de banque. En
revanche, le virus A (H3N2), ainsi que d'autres types viraux testés à plus
haute concentration, survivent eux entre 24 et 72 heures sur le précieux
papier. De même, en présence de mucus, le virus persiste plus longtemps.
Différentes doses de virus grippaux, mélangées ou non à du mucus, ont été
testées. Ainsi le virus A (H3N2) en présence de mucus peut être retrouvé
120 heures, soit cinq jours, après l'inoculation sur le billet, alors qu'à
la même dose mais sans mucus, il survit moins de 2 heures.
Pour
savoir si ces résultats in vitro pouvaient être valables en « conditions
naturelles », les chercheurs ont prélevé les secrétions nasales de 14
personnes atteintes de grippe, les ont déposées sur des billets de banque
qui ont été à leur tour examinés. Dans 7 cas sur 14, le virus s'est avéré
persister pendant au moins 24 heures et dans 5 cas sur 14, il était encore
présent 48 heures après la contamination des 50 francs suisses. Les
billets de banque et sans doute les pièces de monnaie pourraient donc bien
être un mode de transmission du virus de la grippe. Une information qui
méritera réflexion en cas de pandémie grippale et incitera peut-être à
bannir les échanges de billets au profit de transactions électroniques.
Pour
l'instant, toute personne qui se référerait à cet article pour exiger
votre portefeuille doit être considéré, jusqu'à preuve du contraire, comme
un escroc !